Thomas : une vie en camping-car avec l’autisme

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Et si vivre sur la route était la réponse à un besoin vital de liberté, de calme et de reconnexion à soi ? C’est le choix qu’ont fait Thomas et sa compagne Élodie, tous deux autistes, en quittant leur vie sédentaire pour vivre en camping-car avec leurs animaux. Un changement radical, motivé par la santé, la quête de sens… et l’envie de reprendre le contrôle. Aujourd’hui, Thomas partage son quotidien sur TikTok, et a créé autour de lui une communauté engagée.

Pourquoi ils ont choisi de vivre en camping-car

C’est en février 2022 que ce changement de vie s’impose. Thomas travaille alors en boulangerie, un métier-passion qu’il exerce depuis des années… mais qui finit par le rendre malade. Les crises d’épilepsie se multiplient, la surcharge sensorielle devient invivable, et la santé d’Élodie se détériore (elle est atteinte du syndrome d’Ehlers-Danlos). Un jour, en regardant le ciel, elle lance : « Et si on vivait en camping-car ? »

Le déclic est là. Ils revendent tout, aménagent un vieux Ford Transit de 1994, et prennent la route avec leur chienne Mya, leur chat Njut… et l’espoir de trouver dans le mouvement un mieux-être durable.

« J’ai jamais su me poser. Depuis mes 13 ans, je m’ennuie vite. Déménager chaque année, c’était notre rythme. »

Au-delà de l’envie de mouvement, le couple ressent l’urgence de vivre autrement, tant que c’est encore possible. « On ne sait pas combien de temps ce mode de vie restera légalement et écologiquement viable, alors on en profite. »

Le choix de leur véhicule adapté à leur besoin

Pour que ce mode de vie fonctionne malgré leurs contraintes de santé, le choix du véhicule était crucial. Il leur fallait un camping-car assez grand, mais maniable, avec certains indispensables :

  • Un lit fixe confortable pour permettre à Élodie de se reposer sans efforts.
  • Une douche relativement spacieuse, pas trop étroite, à cause de ses douleurs chroniques.
  • Des espaces séparés, pour que chacun puisse s’isoler quand c’est nécessaire (ici une capucine).
  • Un espace de vie adapté pour leurs animaux.

Au départ, leur projet était prévu pour deux ans, financé par leurs économies et par l’AHH (allocation aux adultes handicapés) perçue par Elodie. Thomas, saisonnier pendant plusieurs années, avait mis de côté. Au moment du Covid, il revend une grosse voiture avec une belle plus-value. Ce capital leur permet de tout revendre, s’équiper, et tenter l’aventure. C’est plus tard que TikTok deviendra leur revenu principal.

Vivre avec l’autisme sur la route

La vie nomade s’est révélée être une bouffée d’air pour leur santé mentale. En tant que personnes autistes, la vie en camping-car leur offre ce que la société sédentaire ne permet pas toujours : le choix de l’interaction, la maîtrise du cadre, la flexibilité du quotidien.

« Dans la vie normale, t’es obligé de parler à tes collègues. Là, je choisis si je veux voir du monde. On sélectionne un spot plus ou moins isolé en fonction de notre envie de faire des rencontres ou pas. Et puis chaque jour, en ouvrant la porte, c’est une nouvelle découverte. »

Bien sûr, tout n’est pas simple : la promiscuité dans un véhicule aménagé, les suivis médicaux plus complexes pour Elodie … Mais ils s’adaptent. Casques antibruit, espaces séparés, coin pour chacun. Et surtout, un rythme qui leur correspond.

Un quotidien simple… et libre

Leur budget est réduit : entre 800 et 900€ par mois, pour deux personnes et deux animaux. Leur secret ? Une vie simple, peu d’activités payantes, et beaucoup de nature.


Ils privilégient les endroits calmes, loin de la route, où leur chat peut se promener librement. Et prennent le temps de se perdre, de découvrir, de se laisser porter.

« On vit plus lentement. On prend le temps de penser, d’observer, de se reconnecter à ce qui compte. »

De la boulanger à créateur de contenu sur TikTok

Ancien boulanger, Thomas a dû se reconvertir pour préserver sa santé. Aujourd’hui, il partage ses journées sur TikTok, à travers des lives quotidiens depuis ses balades. Une idée soufflée par Élodie, pour rompre sa solitude et partager autrement.

Elodie ne pouvant que peu se déplacer à cause de sa maladie, c’est aussi un moyen pour Thomas de lui faire voir le monde à travers ses yeux.

« J’ai commencé en mars 2023. Tous les jours, je partais en live pendant mes balades. 4 à 5 heures par jour. Une communauté s’est créée. »

Les lives deviennent un vrai moyen d’expression et de lien social, presque thérapeutique. Aujourd’hui, grâce aux dons et au mécénat de ses abonnés, Thomas gagne entre 1000 et 1200€ net par mois (TikTok prélève 50% de commission, l’État 20%).

Son conseil pour ceux qui souhaiteraient se lancer dans l’aventure des livres TikTok « Il ne faut pas se créer un personnage. Les gens sentent si tu es vrai ou pas. ».

Une routine adaptée à son TDAH

Atteint de TDAH, Thomas a besoin de beaucoup se dépenser : il ne tient pas en place, et c’est justement cette agitation intérieure qui rythme ses journées. Chaque matin, il se lève entre 9h et 10h, téléphone à la main pour répondre aux commentaires, visionner les vidéos de ses abonnés et interagir avec sa communauté.

Vers 11h ou midi, il part en live. Pendant plusieurs heures, souvent jusqu’à 16h, il marche, parle, partage, explore. Ces longues sessions sont autant un exutoire physique qu’un moment de connexion sociale.

Entre 16h et 18h, c’est le temps des pauses : repas, moments de qualité avec Élodie, montage vidéo. Puis il reprend les lives, cette fois en soirée, jusqu’à 23h voire minuit. Là, l’ambiance est différente : plus détendue, plus interactive. Il peut inviter des abonnés, organiser des jeux, des blind tests… Un vrai moment de lien.

Le contact réel est difficile pour lui, mais l’aspect social reste vital. Les lives lui permettent de s’exprimer, de créer du lien, de verbaliser ce qu’il aurait eu du mal à dire autrement.

« Sans les lives, j’aurais eu plus de mal à mettre des mots sur certaines choses. C’est une thérapie. »

Et parfois, s’il lui reste de l’énergie, il monte une nouvelle vidéo ou relance un live… version gaming cette fois.

« Si tu prends pas de plaisir, ça se voit. Et ça ne marche pas. C’est pour ça qu’il faut rester soi-même, ne pas jouer un rôle. »

Un message pour ceux qui hésitent à changer de vie

Aujourd’hui, Thomas ne se projette pas forcément sur du long terme. Il vit l’instant. Peut-être qu’un jour, un projet plus concret verra le jour. Peut-être qu’ils poseront leurs roues quelque part. Mais pour l’instant, l’important, c’est de vivre pleinement et librement.

« Le passage à la vie nomade est plus facile que ce qu’on croit. Ce qui est dur, c’est la pression sociale. Il faut prendre le temps de réfléchir, de s’organiser, mais il faut surtout OSER. »

Il prépare d’ailleurs un guide pour changer de vie et devenir nomade. Histoire de transmettre l’expérience, d’encourager, d’ouvrir des portes à ceux qui en rêvent… sans encore oser.

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